Marc Mauillon (Voix)

Pierre Hamon (Flûte, cornemuse, tambour)

Vivabiancaluna Biffi (Vièle, voix)

Angélique Mauillon (Harpe gothique)

Anne Martin (Chorégraphie et danse)

 

Conception des programmes et Direction musicale : Pierre Hamon

 

 

L’OEUVRE DE GUILLAUME DE MACHAUT

LE PROJET

Avec Mon chant vous envoy et La Danse de Fortune, Marc Mauillon, Pierre Hamon, Vivabiancaluna Biffi, Angélique Mauillon et leurs compagnons poursuivent une passionnante aventure qui apporte un éclairage à la fois nouveau, imaginatif et rigoureux sur l’un des plus grands musiciens européens du moyen-âge : Guillaume de Machaut.

« Comment est-il possible qu’après plus de 700 ans, ces séquences de notes conservent un tel impact ? Cela reste un mystère pour moi… Les tournures mélodiques et harmoniques sont loin des conventions de la musique classique telle qu’on la conçoit aujourd’hui, mais elles nous parlent encore plus directement et profondément » s’étonnait Robert Sadin, compositeur et arrangeur pour Sting, Herbie Hancock ou Wayne Shorter, qui rendit avec talent hommage à Machaut dans sa propre musique.

Cette modernité n’a cependant nul besoin d’être mise au goût du jour pour frapper l’oreille. Avec des moyens procédant d’une recherche historique poussée sur les instruments, l’organisation du texte musical et la prononciation, les artistes ici réunis touchent à l’intemporalité de ces oeuvres en mettant leurs pas dans ceux des interprètes du temps. Ce qui nous touche aujourd’hui en écoutant Machaut, c’est d’abord une sensualité sombre du son, une pulsation rythmique tour à tour étirée, hypnotique, puis soudain précipitée telle un coeur qui accélère, des tournures mélodiques dont les boucles convoquent le temps immémorial du voyage initiatique du nord de l’Europe vers l’orient des terres promises. C’est surtout l’âme d’un poète dont les mots s’avèrent étonnamment proches de notre sensibilité, un coeur inquiet qui interroge le destin, les mystères du sort et les tourments de l’amour en plongeant son regard vers des cieux qui ne dévoileront aucune certitude.

Après deux enregistrements distingués par la critique pour la révélation avec Marc Mauillon d’un chanteur-diseur exceptionnel ainsi que la force d’une approche donnant aux instrumentistes un rôle de partenaires musicaux et dramatiques qui fait de l’ensemble un sommet de musique de chambre (L’Amoureus Tourment en 2006, Le Remède de Fortune en 2009, Diapason d’Or de l’année, tous deux chez Eloquentia), ces nouveaux programmes révèlent des facettes inattendues de l’art de Machaut, prolongé pour l’un d’eux dans ses correspondances avec la danse.

PROGRAMME

MON CHANT VOUS ENVOY

Mon chant vous envoy

Virelais , ballades et rondeaux de Guillaume de Machaut

Virelais, ballades et rondeaux constituent le versant encore méconnu de l’oeuvre de Machaut, musiciens trop souvent considéré comme cérébral et difficile d’accès. Certes, il fut le premier à écrire des pièces d’une virtuosité et d’une ambition intellectuelle comparables à L’art de la Fugue de J.S.Bach ( Ma fin est mon commencement). Mais on lui doit également ces miniatures qui sonnent comme ces chansons traditionnelles que l’on connaît depuis toujours (Douce dame jolie) et pour lesquelles les musicologues anglais utilisent la jolie formule « folklike ». Nulle mièvrerie cependant dans ces oeuvres qui marquent le point culminant de l’art poétique de l’amour courtois, dont les mélodies s’inscrivent de façon incroyablement vivante dans notre mémoire et notre psyché, réveillant les passions et les angoisses de cet âge tourmenté que fut le quatorzième siècle, où sur fond de guerre et d’épidémies pouvaient à la fois se déployer une intense spéculation intellectuelle et une formidable soif de vie. Par une réfexion approfondie sur la langue et le texte du poète, nourrie des échanges avec les linguistes et musicologues spécialistes de cette période, les interprètes réunis autour de Marc Mauillon et Pierre Hamon restituent toute la modernité et l’intemporalité des chansons du premier « auteurcompositeur» français , au sens moderne du terme.

PROGRAMME

MON CHANT VOUS ENVOY

Programme

Quant je sui mis virelai

Comment qu’à moy lonteine virelai

Puisqu’en oubli rondeau

Amour me fait désirer ballade

Doulz amis ballade

Dame, vostre doulz viaire virelai

Dou mal qui m’a longuement virelai

Ploures, dames ballade

J’aim mieux languir ballade (instrumental )

Se ma dame virelai

Dix et sept, cinq rondeau

Phyton, le mervilleus serpent ballade

Liement me deport virelai (instrumental)

J’aim sans penser virelai

Marc Mauillon : voix

Vivabiancaluna Biffi: voix et vièle

Angélique Mauillon : harpe et voix

Pierre Hamon : flûtes médiévales ( à bec, traversières, flûte double, flûtes à trois trous et tambour) et direction musicale

 

PROGRAMME

LA DANSE DE FORTUNE

La Danse de Fortune

Spectacle musical et chorégraphique sur le poème narratif

de Guillaume de Machaut

« Mais tout passe quant son corps danse »

Guillaume de Machaut lui-même écrit ce vers à propos de Péronne, plaçant la magie de la danse de la jeune fille comme conclusion de son Dit. C’est sur l’emblématique et bouleversante complainte Tel rit au main qui au soir pleure que la chorégraphe Anne Martin relèvera auprès de l’équipe vocale et instrumentale le défi de la danse.

Le Remède de Fortune est probablement le plus important poème d’amour français du XIV° siècle. Il eut une infuence considérable dans toute l’Europe comme modèle poétique d’amour courtois, mais aussi comme norme musicale. Ces trente-six strophes (plus de cinq cent vers) se développent dans un temps quasi-magique, qui bouleverse tous les repères, et dont le vertige métaphysique comme l’ivresse des sens éclatent avec une incroyable modernité.

L’incarnation, dans un langage corporel d’aujourd’hui, de la figure allégorique de Fortune, ajoute un nouveau contrepoint à ce chef d’oeuvre musical et poétique ainsi qu’un pont entre les arts et les siècles.

 

PROGRAMME

 

LA DANSE DE FORTUNE

 

Programme

 

Quant je sui mis virelai

Dou mal qui m’a longuement virelai

Quant j’ay l’espart rondeau

Doulz amis ballade

Amour me fait désirer ballade

Phyton, le mervilleus serpent ballade

Comment qu’à moy lonteine virelai

Ploures, dames ballade

Dame, vostre doulz viaire virelai

Liement me deport virelai (instrumental)

entracte

Tel rit au main complainte (dansé)

 

Marc Mauillon : voix

Vivabiancaluna Biffi : voix et vièle

Angélique Mauillon : harpe et voix

Pierre Hamon : flûtes médiévales ( à bec, traversières, flûte double, flûtes à trois trous et tambour) et direction musicale

Anne Martin : chorégraphie et danse

 

 

REVUE DE PRESSE

 

De Volkskrant – 26 octobre 2010 – Le Remède de Fortune, tournée au Bénélux – Frits van der Waa

 

« […] Dat neemt alles bijeen anderhalf uur in beslag, en is ondanks de minimale middelen adembenemend. Mauillon is aanvankelijk de stuwende kracht. Hij is een bariton die niet bang hoeft te zijn voor tenor- en basregisters en zich […] meer dan een half uur durende tirade tegen de wrede en wispelturige Fortuna, de godin van het toeval. Het is eigenlijk maar één melodie, maar die wordt telkens weer op een andere manier voorgedragen en met vedel, harp en fuiten ingekleurd door de andere musici. […]. »

(« […] une heure et demie au total, et malgré les moyens minimaux, à couper le soufe. Mauillon a d’abord été la force motrice. C’est un baryton qui n’a pas à craindre de s’aventurer dans les registres ténor et basse […]. Une stupéfante tirade de plus d’une demi-heure contre la cruelle et volage Fortuna, la déesse de la chance. C’est vraiment un unique morceau, mais il est toujours différent, coloré par la vièle, la harpe et les flûtes des autres musiciens.[…] »)

 

La Marseillaise – 23 octobre 2010 – Le Remède de Fortune, à Avignon

 

« […] La vocalité sinueuse de Marc [Mauillon] dans le chant est voix de famme, force et tendresse. Elle délivre l’étrange séduction de ce poème parlé, chanté, plain-chant en miroir, fascination de la découverte d’une expression inconnue, l’immersion dans une perfection autre, dont Mauillon est l’irremplaçable et le fabuleux porteur. […]. »

 

Operanews – juillet 2019 – Arlo Mac Kinnon

 

« […] Under the artistic direction of futist Pierre Hamon, Le Remède de Fortune shines forth as an artistic monument for the ages. Te freshness of the interpretation leads one to greater depths of admiration for Machaut’s poetic and composerly genius. Bass-baritone Marc Mauillon sings with great passion and understanding, traversing the range of emotions from euphoria and devotion through rancorous contempt and despair. […]. Vivabiancaluna Biffi, soprano and performer on the vièle sings the role of Hope with lighthearted optimism. In the polyphonic numbers, these two fne singers are joined vocally by harpist Angélique Mauillon, as well as by Serge Goubioud and Emmanuel Vistorky. This ensemble of singers gives stellar renditions of Machaut’s wickedly difcult contrapuntal style, among the finest recorded examples of this music […] »

 

Pizzicato – Décembre 2009 – PiRath

 

« […] Dès les premières notes …la magie opère. Près de six siècles et demi nous séparent de Machaut, et pourtant, on a l’impression de le rencontrer personnellement tout au long de cette production. Marc Mauillon et toute la troupe artistique qui l’entoure rendent cette poésie et cette musique avec une vie tellement intense qu’elle nous apparaît bien plus vivante que maintes musiques plus récentes. Leur interprétation fait d’ailleurs une impasse magistrale aux préjugés en nous présentant un langage musical riche et varié. Assurément, le Moyen-Âge est bien plus vivant qu’on ne le pense.[…] »

 

 

Diapason – Septembre 2009 – Roger Tellart

 

« […] un pari fou que ce disque qui présente dans leur intégralité les sept pièces musicales du Remède de Fortune […] Marc Mauillon est Guillaume de Machaut […] Tous les amoureux du Moyen-Âge fêteront le présent album comme un événement »

Classica – 11 septembre 2009 – Marc Desmet

« […] Quand surgit la première polyphonie, les clairs accents de Vivabiancaluna Biffi sont tout simplement parfaits, menant progressivement à l’éclat quasi mystique de la polyphonie à quatre voix de la ballade, puis à l’étrange rondelet fnal qui combine plénitude et mélancolie. Le miracle tient dans la simplicité avec laquelle ces sommets sont atteints. Les voix juvéniles et sensuelles mais sans afféterie ni aucun faux efet sont totalement immergées dans la musique du vers, avec pour rare résultat de faire saisir les nuances du texte à I’audition. […] Rien de plus précieux non plus, pour atteindre la musique de Machaut dans sa substance vive, qui nous parle ici avec une fraîcheur et une sensibilité tout à fait inouïe.[…] »

Classica Répertoire – Novembre 2006 – François Camper

« Un vrai défi que le projet de Pierre Hamon de faire revivre Loyauté que point ne delay, le premier lai de Guillaume de Machaut. […] Les interprètes tout à la fois respectent cette rigueur et la transcendent pour en révéler toute la délicatesse. Marc Mauillon d’une voix à la fois claire et chargée d’émotion, constamment attentive au sens de la phrase comme à la musique particulière de chaque mot, rend le poème de Machaut immédiatement accessible. Autour de lui, Vivabiancaluna Biffi et Pierre Hamon tissent un accompagnement d’une discrétion et d’une finesse qui soulignent la force de sa performance vocale. On est comme hypnotisé. […] Un ensemble qui, s’il fait la part belle aux tourments de l’amour courtois, nous plonge surtout au coeur d’un monde quasi magique. […] c’est vraiment jubilatoire. »

Diapason – Novembre 2006 – Roger Tellart

« […] Pierre Hamon et ses deux complices enfreignent sans états d’âme la tyrannie actuelle du zapping pour en tirer cet album de bout en bout inspiré […] Dans cet espace dilaté, la voix de Marc Mauillon acquiert une dimension singulière. Chaque phrase, chaque mot savouré et coloré, nous plongent dans un climat hypnotique, fusionnel, subtilement varié, à la fois plainte et séduction, attente et résignation. Nous voilà aux portes d’un fatalisme oriental que les fûtes de Pierre Hamon dessinent d’une brève infexion, accompagnées par la vièle toujours attentive de Vivabiancaluna Biffi. »