Songline

itinéraire monodique

Pièces de B. de Castille, L. da Firenze, B. de Ventadour, G. de Machaut, J. de Lescurel, G. Scelsi, G. Aperghis, M. Monk … et de nombreux anonymes!

Marc Mauillon, voix

Yannick Hugron, mise en scène et chorégraphie

Stéphanie Langard, scénographie lumineuse

Ce spectacle s’inspire du livre Songlines (en français « Le chant des pistes ») de Bruce Chatwin, qui raconte la vibrante expérience de l’auteur à la recherche des itinéraires chantés des aborigènes australiens; ces itinéraires chantés, véritables cartes permettant de se repérer dans le désert, sont l’héritage des ancêtres du « temps du rêve » car dans la mythologie aborigène tout ce qui existe a dû être chanté pour être créé. Adapté au rythme de la marche, le chant est alors guide et allié dans ce milieu hostile. Voilà maintenant plus de 25 ans que le chant remplit ce même rôle dans ma vie. Le chant exprime et façonne, élève l’esprit et l’âme, guide et inspire, rassure et donne du courage, partage et rassemble…
Solo : c’est tout seul, comme ces aborigènes qui partent en « walkabout » que j’ai décidé de présenter mon itinéraire, comme une initiation qui se doit d’être solitaire. Un bagage minimum, un récital nomade, adaptable et évolutif, avec juste cette ligne de chant pour guide, sans accompagnement. Une quête d’essentiel, une ascèse qui met en valeur les infinies possibilités de « l’instrument humain ». L’abondance dans la simplicité.

Songline : le titre a perdu son pluriel et devient personnel : une proposition, une direction, une seule ligne de chant. Monodie. Tout tient dans cette ligne chantée qui se suffit à elle-même et qui crée un monde en soi.

L’unique portée sur la partition devient temps et espace et me voici connecté à mes propres ancêtres du « Temps du rêve », mes « ancêtres » musiciens, du VIIIème au XXIème siècle, avec lesquels le lien est bien vivant et le message, sacré ou profane, toujours vibrant. Il s’incarne dans un corps pensé comme une matière modulable. L’incarnation est humaine, animale, végétale. Ces chants suscitent des variations de densité du corps et créent par ce filtre une émotion. Le corps lui-même devient une cartographie qui entre en résonance avec ce qui l’entoure.

La scénographie, paysage en mouvement, se façonne, se construit ou se décompose, témoin de notre traversée.

L’immatériel avec la musique et la voix, la matière solide avec le décor et la matière muable avec le corps, ces trois trames évoluent séparément, se rencontrent parfois et nous racontent une ou plusieurs histoires.

Programme :

Anonyme (XIVème S.) : Ave stella matutina
Giacinto Scelsi : Taïagaru n°1.
Jehan de Lescurel : Dame par vos doux regard
Gratiosus de Padua : Alta regina de virtute :

Anonyme (XVème S.) : Quant la doulce jouvencelle
Philippe Leroux : Ma belle si tu voulais
Gregorio Calonista : Sento d’amor la fiamma
Meredith Monk : Song from the hill : Wa-lie-oh
Guillaume de Machaut : Comment qu’a moy lonteine

Jehan de Lescurel : Bien se lace
(Déclamation improvisée)Tutto il dí piango
Anonyme : Haimè perche m’hai privo
Guillaume de Machaut : Se ma dame m’a guerpy
Georges Aperghis : Récitation n°12

Anonyme (VIIIème S.): « Parestosa »
Bernard de Vendadorn : Estat ay com om esperdutz
Blanche de Castille : Amours ou trop tard me sui pris
Anonyme (codex Las Huelgas) : Eterni numinis